Tricot

Le pull Bowfell de Along avec Anna ou comment apprendre à tricoter le jacquard en rond à Hawaï

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Tout commence avec une vidéo: « Islande: le tricot une affaire d’hommes » sur Arte. J’adore! Tout le monde kiffe le tricot. Homme ou femme peu importe. C’est bonheur de créer des trucs et de se plonger dans une activité méditative. En découvrant ce reportage, j’ai été fascinée par la beauté des tricots islandais (pas des tricoteurs islandais, non non, quoique ça me plaise un homme qui tricote), et par leur technique de réalisation. Ces pulls sont réalisés traditionnellement en rond, de bas en haut (on termine donc par le motif sur les épaules). Cela signifie deux avantages considérables: pas de coutures et pas de mailles envers. Hé oui, quand on tricote en rond, on ne fait que des mailles endroits. Pour réaliser du jacquard c’est beaucoup plus pratique. Evidemment, après cette vidéo, il fallait ABSOLUMENT que je tricote un pull islandais en rond!

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La quête commence alors… Je n’ai jamais tricoté du jacquard en rond, je n’ai jamais vu des patrons pour ce type de modèle dans mes marques habituelles (Phildar, Katia) et… je ne lis pas l’islandais… Bref, il me faut trouver THE patron! Un peu, mes recherches portent leurs fruits, beaucoup, la chance me sourit. Je découvre le livre de Anna Dervout (Along avec Anna): « Tricoter le jacquard en rond. Guide technique et patrons », tout fraîchement édité (octobre 2019!). Ce bouquin est le must pour apprendre à tricoter le jacquard, tout est super bien expliqué et illustré. C’est 105 pages d’explications et de conseils technique (ça fait peur, hein! Moi j’adore ça, j’y passe des heures!!). Tout ce qui concerne le jacquard est passé en revue: de la tension du fil, aux associations de couleurs, aux qualités de laine, à la réalisation de l’échantillon ou de la lecture du diagramme. Ensuite il y a cinq beaux patrons pour se faire la main. J’ai choisi le pull Bowfell. J’aime bien son look islandais sobre. Le fait qu’il soit simplement bicolore m’a rassurée. Je suis une adepte de la progression par « petits pas ». Donc, je commence d’abord mon jacquard en rond avec deux couleurs et ensuite, si ça se passe bien, je ferai des motifs plus compliqués avec plus de couleurs…

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Et puis, la quête continue: il faut trouver la laine adéquate. Je trouve que c’est souvent une étape délicate quand on tricote un modèle conçu par un créateur en dehors d’une marque de fil. C’est rare qu’il utilise des laines basiques. Il faut donc essayer de trouver la laine qui se rapproche le plus de ce qu’il préconise. Et puis souvent faire quelques calculs pour arriver à la bonne taille. En effet, si vous prenez une laine légèrement plus fine que ce qui est recommandé et que vous tricotez votre taille habituelle, hé bien votre pull sera trop petit. Ou si vous prenez une laine plus épaisse, votre pull sera trop grand… Donc… Il faut faire des maths. Pour moi autant dire que c’est un lointain souvenir qui remonte à la fin des secondaires (heu oui, on fait pas de maths en histoire de l’art). Mon cerveau peine un peu à retrouver des calculs autrefois automatiques (hé! j’étais en maths fortes quand même!! Comment ça on ne dirait pas? Mais oui! Math et Arts, oui oui) et puis ça revient et heu… c’est quand même chouette.

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Voici quelques infos techniques si vous voulez vous lancer dans ce pull. J’ai utilisé la laine « Alpaca Peru 200 » de Lana Grossa. Elle est incroyablement douce et souple, fine et chaude. Les couleurs que j’ai choisies sont 219 et 224. Pour un échantillon de 10 cm x 10 cm avec des aiguilles 3.5, j’ai 27 mailles et 30 rangs. Du coup, j’ai tricoté la taille 105 pour obtenir un tour de poitrine de 93 cm pour le vêtement fini. Je ne me suis pas trompée dans mes calculs (ouffffffff). La taille est nickel. Pour le prochain pull que je ferai avec ce livre, j’utiliserai exactement la même laine et la même taille.

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Comme toujours, il y a des histoires derrière chaque tricot. Celui-ci a traversé le monde entier avec moi. Littéralement. Je l’ai tricoté dans les airs, dans les aéroports de Francfort, de San Francisco, de Chicago, et puis surtout à Hawaï. La vie est dingue parfois. Je n’aurais jamais, jamais, imaginé un jour aller à Hawaï. Pour tout dire, il y a trois mois, je ne savais même pas précisément où ça se trouvait (en fait, je pensais que c’était dans les Caraïbes et je me demandais vraiment POURQUOI les Japonais avaient attaqué Pearl Harbour (genre c’est pas logique quoi!!). Maintenant j’ai compriiiiiiiiis!). Il n’y a pas un seul cheveu de ma tête qui pensais partir en voyage lointain à l’improviste, prendre plein d’avions qui puent, partir seule sans l’Homme et qui plus est dans un endroit improbable comme Hawaï. Mais voilà, la vie est dingue, pleine d’imprévus. Un concours de circonstances m’ont amenée à entendre résonner en moi un appel très fort: je devais me rendre à Hawaï début février pour faire une retraite. Voilà. Ça semble fou et ça l’est. Mais aujourd’hui, je me remercie du fond du cœur d’avoir répondu à cet appel, de m’être affranchie de mes peurs et de mes règles de vie habituelles. Ce voyage a changé ma vie. A tel point que je ne connais pas encore toutes les implications qu’il aura… Merci la vie!

Quelle chance aussi d’avoir pu faire ce voyage avant la période que nous vivons aujourd’hui. Nous voilà confinés, plus ou moins enfermés dans nos maisons pour des semaines, le monde est à l’arrêt, tétanisé par un virus. Je n’ai pas envie d’en parler ici. On en parle suffisamment partout ailleurs. J’ai juste envie de dire que chez nous tout va bien et tout va bien aller. J’éprouve une immense gratitude pour la nature qui est si belle même quand tout semble chaotique, pour le soleil qui brille depuis des jours, pour le printemps qui revient. Pour la vie qui pulse dans la sève des arbres, dans chaque bourgeon sur le point d’exploser, dans les pétales des fleurs qui se déploient, dans les chants des oiseaux et leurs parades amoureuses. La nature est toujours là, fidèle, présente autour de nous, généreuse et belle. Tout va bien aller!

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Heureusement, en Belgique nous pouvons encore sortir pour nous promener ou rouler en vélo dans les environs de notre maison. Et l’Homme et moi avons la chance de vivre à la campagne, dans un environnement vraiment joli. Nous redécouvrons avec encore plus de plaisir notre village, ses forêts (tapissées de jonquilles et d’anémones en fleurs pour l’instant), son vieux canal (qui accueille des couples de cygnes, de foulques, de canards, de poules d’eau…), ses champs et prairies aux haies préservées,… Je pense fort à ceux qui n’ont pas accès à la nature en ce moment et je leur envoie des fleurs, des rayons de soleil et de l’air pur!

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L’avis de l’Homme: « Je n’ai pas de mots! » =====> Donc?!? Magnifique? Merveilleux? Époustouflant? Mirifique? Epastrouillant?

Modèle: Pull « Bowfell » dans le livre de Anna Dervout (Along avec Anna), « Tricoter le jacquard en rond ».

Laine: Lana Grossa, Alpaca Peru 200, couleurs 219 et 224

Aiguilles: 3.5 pour le corps, 3 pour les côtes

Photos: l’Homme à Arquennes

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